

L’apparition des machines à écrire suivi de celle des ordinateurs et des téléphones portables a profondément modifié notre rapport à la calligraphie. Pour moi, il s’agit d’un changement sociétal comparable à l’invention de l’écriture. L’usage que nous faisons de nos mains s’en est trouvé complètement boulversé. En témoigne les entorses du pouce, les tendinites du poignet et autres altérations de la pulpe de nos doigts.
En tant que jumeau je m’interroge souvent sur ce qui fait l’individualité d’une personne. Une idée reçue veut que les jumeaux aient les même empreintes digitales. J’ai longuement admiré les nervures et les aspérités de mes doigts tout en les comparant à celles de mon frère, et bien qu’elles se ressemblent elles sont loin d’être identiques. Ces sillons qui se suivent, se plient et se tordent m’ont alors fascinés.
Lors de mes voyages en Méditerranée j’ai remarqué ce dessin sculpté ou gravé sur des temples grecs et romains, puis je l’ai à nouveau retrouvé brodé sur des robes des années 20.
Ce type de motif est appelé réticulé, ou plus vulgairement, vermicelle.
Les bijoux que je crée s’inspirent directement des empreintes digitales, arabesques organiques et évolutives. Cette ligne sinueuse épouse parfaitement les courbes de son propriétaire pour habiller et sublimer la main. Nous ne sommes jamais nus sitôt que nous portons un bijou. Il nous protège, nous rassure et affirme notre individualité.
Pour présenter la collection j’ai fait appel à des personnes à la peau particulière et unique. Anna, dont la peau greffée est dé-pigmentée, Tarek, qui a un angiome, Glen du psoriasis, Maxime des tâches de rousseur et enfin, Valentin qui est atteint de vitiligo.


